Climat

La Coalition Eau était à la COP22 de Marrakech

La Coalition Eau à la COP 22 :

La Coalition Eau et ses ONG membres étaient présentes à la COP22 à Marrakech,  pour porter leurs messages sur les enjeux liés à l’eau et au climat.

Face à l’urgence climatique et au rôle fondamental de l’eau, la Coalition Eau porte 8 messages auprès des décideurs :

  • Assurer la cohérence et la complémentarité entre l’Agenda  2030 pour le Développement Durable (Objectifs de  Développement Durable), l’Accord de Paris sur le Climat et l’Accord de Sendai sur la réduction des risques de catastrophes.
  • Traduire les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris dans leurs politiques nationales et mettre concrètement en œuvre leurs plans d’actions nationaux pour lutter contre le réchauffement climatique et s’adapter à ses effets.
  • Faire preuve d’une volonté politique forte et rehausser leurs ambitions en vue d’une réévaluation des Contributions Nationales d’ici à 2018.
  • Faire de l’eau un élément central de leurs politiques et plans d’actions nationaux et locaux sachant que l’eau est la priorité de 93% des pays ayant un volet Adaptation dans les Contributions Nationales (Étude Partenariat Français pour l’Eau / Coalition Eau, juin 2016). L’accent devra être mis sur l’accès durable, universel et équitable à l’eau potable, à l’assainissement et à l’eau agricole ; le renforcement de la mise en œuvre de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau; la restauration et la préservation du cycle de l’eau au niveau local ; la prévention, la préparation et la réponse aux crises humanitaires liées à l’eau ainsi que la réhabilitation post-crise.
  • Faciliter l’intégration des politiques d’adaptation dans les politiques sectorielles liées à l’eau par le renforcement des acteurs locaux et l’amélioration de la connaissance locale des impacts du changement climatique sur les ressources en eau.
  • Mobiliser rapidement les 100 milliards de dollars annuels promis aux pays en développement lors de la COP21 afin de relever le défi climatique, en ciblant particulièrement l’adaptation au profit des populations les plus vulnérables.
  • Associer la société civile aux négociations et politiques relatives au climat et à la gestion de l’eau, de manière effective, et renforcer ses capacités dans ce cadre.
  • Améliorer le Global Climate Action Agenda, qui rassemble les initiatives non-étatiques pour le climat, en termes de sélectivité des initiatives, gouvernance, transparence, participation et suivi-évaluation.

Pour en savoir plus :

le résumé de nos événements :

1)     Side event « Eau et Climat : Rendre l’eau à la terre pour restaurer le climat » (mardi 8 novembre, zone verte)

Ce side-event a permis de mettre en avant le fait que notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un des facteurs du changement climatique et pourtant : les activités humaines dérèglent le cycle de l’eau local (déforestation, imperméabilisation des sols, surexploitation des nappes…), ce qui influe sur le climat local. Les communautés locales, premières affectées par le changement climatique car plus vulnérables, sont détentrices de connaissances et savoirs ancestraux qui nourrissent les réflexions pour des solutions alternatives de lutte contre le changement climatique.

Plusieurs solutions pour restaurer le cycle de l’eau ont été partagées :

  • L’expérience d’Oasis en Mauritanie pour développer des techniques de gestion économe des ressources en eau (Mohamed Tourad, association Tenmiya) et l’exemple des Khettaras au Maroc, système gravitaire de drainge de l’eau (Ahmed Jaakou, AOFEP).
  • L’expérience des johads, en Inde, une technique ancienne de stockage de l’eau de pluie qui permet de maintenir le cycle de l’eau en zone aride. Voir la vidéo de Rajendra Singh.

2)     Side event « De l’Accord de Paris à la mise en œuvre des politiques sur le terrain : l’exemple de l’eau » (vendredi 11 novembre, zone verte)

Ce side-event, co-organisé par la Coalition Eau et la Ville de Dakar, a permis de partager des expériences pour intégrer l’eau et le climat dans les politiques publiques nationales et locales, et contribuer ainsi à la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris et des contributions nationales (NDC) :

  • L’expérience du Maroc : le Maroc a développé une forte expertise en matière de stockage de l’eau, d’ingénierie, d’infrastructures et de planification anticipative. Il souhaite étendre sa politique à une bonne gestion de la demande et à la préservation des ressources en eau.
  • L’expérience de la Ville de Dakar, qui élabore un Plan Climat Energie Territorial, participatif, avec des projets-pilotes de traitement de l’eau et gestion des eaux de pluies.
  • L’expérience auprès de communautés locales au Niger sur les Prévisions Saisonnières Participatives, qui permettent de coupler les savoirs traditionnels des communautés aux prévisions climatiques scientifiques, en vue d’une information adaptée au contexte local.

Toutefois, des obstacles subsistent fortement quant à cette intégration du couple Eau/Climat dans les politiques publiques. La Ville de Boghé en Mauritanie en a ainsi mis en avant quelques-uns : manque d’informations sur les dispositions nationales, manque de capacités techniques, de financements, et de connaissances sur les données hydrologiques et climatiques.

Face à ces obstacles persistants, les partenaires au développement développent des dispositifs  d’accompagnement des acteurs locaux :

  • L’Agence Française de Développement accompagne les pays, via la création d’une facilité de mise en œuvre des contributions nationales (NDC) et via des projets d’appui dans le domaine de l’eau (dispositifs de suivi et connaissance des ressources en eau, gestion des inondations, protection des ressources, etc.).
  • L’ONG WaterAid appuie les autorités et communautés locales dans l’analyse des vulnérabilités, réfléchit aux moyens de renforcer l’appropriation locale et de faciliter l’accès aux financements Climat.

Les échanges ont également mis en avant quelques idées-phares :

  • Besoin d’une complémentarité entre mobilisation des acteurs étatiques et non-étatiques dans la lutte contre le changement climatique dans le domaine de l’eau.
  • Les questions de renforcement des capacités et de financement, en particulier au niveau local, sont des leviers importants pour la mise en œuvre. Toutefois les pays en développement doivent agir dès maintenant, en trouvant des financements endogènes, sans attendre les promesses de financement de la communauté internationale.
  • Nécessité de continuer à mobiliser les acteurs sur la question de l’eau lors des COP, à l’image de ce qu’a fait le Maroc pour la COP22 (journée officielle Eau le 9 novembre), afin d’intégrer la question de l’eau dans les négociations internationales et de faire perdurer les « Water Action Days » (journée thématique officielle dédiée à l’eau dans le cadre des COP).

Focus sur la Journée officielle « Eau » – 9 novembre, zone Bleue

Voici un résumé du Partenariat Français pour l’Eau :

> SHOWCASE ON WATER (matinée) :

Cette séance, dans une salle de 500 personnes presque comble, a permis de mettre en avant des initiatives dans le domaine de l’eau et du climat, y compris les 3 alliances du Global Climate Action Agenda initiées lors de la COP21, mais aussi de nouvelles initiatives telles que le Réseau des parlementaires pour l’eau lancé à cette occasion.

Quelques idées clés et recommandations soulignées lors de cette session :

  • Nécessité de faciliter le dialogue entre les acteurs de l’eau, les Parties et le Comité de l’Adaptation. Hakima El Haite, Ministre marocaine de l’Environnement, s’est engagée à faciliter un tel dialogue pour une meilleure prise en compte de l’eau par la CCNUCC ;
  • Importance de la gestion intégrée par bassin versant ;
  • Vulnérabilité de l’Afrique face au changement climatique qui rend nécessaire une action spécifique ciblée sur ce continent pour en renforcer la résilience ;
  • Nécessité d’un accès simplifié aux financements climat, notamment pour les pays d’Afrique ;
  • Importance de la gouvernance, du transfert de technologies et de l’échange de bonnes pratiques ; le développement de la recherche et le renforcement capacités.
  • Nécessité de mettre en place des mécanismes de suivi et de gestion des engagements ;
  • Urgence de s’unir et de travailler ensemble pour accroître la visibilité de l’eau (initiative ClimateIsWater) et renforcer l’efficacité de l’action (à noter la signature d’un MoU ente les 3 alliances officielles du GCAA qui s’engagent à monter des projets communs).

> DIALOGUE ON WATER (après-midi) :

L’après-midi de cette journée du 9 a été consacrée à une session de dialogue entre différents acteurs de l’eau et du climat. De nombreux membres du PFE ont assisté à cette séance et pris la parole pour faire passer des messages forts.

Quelques idées clés et recommandations soulignées lors de cette session :

  • Nécessité d’actualiser les NDCs de manière plus ambitieuse pour l’eau et d’opérationnaliser ces NDCs en intégrant l’eau et le climat ;
  • Urgence de prendre en compte les secteurs sociaux de base : accès à l’eau, assainissement, éducation. Lien avec les Objectifs de Développement Durable ;
  • Importance du triptyque « connaissance-gouvernance-finance » dans les projets ;
  • Accélérer les processus de financement climat, cibler les pays les plus menacés, développer les financements innovants ;
  • Ne pas réserver les financements qu’aux gros projets ; diriger les fonds vers ceux qui savent mutualiser ;
  • Renforcer les capacités et mobiliser les citoyens pour les inclure dans mise en œuvre et le suivi des politiques de l’eau et du climat ;
  • S’appuyer sur les membres du comité de l’adaptation qui peuvent faire passer les messages de la communauté de l’eau à la CCNUCC.

Pour aller plus loin :

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