Sommet des acteurs non étatiques pour le climat

Le Global Climate Action Summit a eu lieu à San Francisco du 12 au 14 septembre 2018

Co-présidé par Jerry Brown (gouverneur Californie), Michael Bloomberg (ancien maire New York), Patricia Espinosa (Secrétaire exécutive de la CCNUCC), Anhand Mahindra (PDG de la multinationale indienne Mahindra Group), cet évènement était le premier sommet climatique des acteurs non étatiques organisé sur le sol américain, tenu dans un contexte de retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris.

  • Retrouvez le programme ici

Quelques chiffres sur l’évènement 

  • 4000 délégués
  • 5 grandes thématiques : Systèmes énergétiques ; Croissance économique inclusive ; Ville et communautés durables ; Gestion des terres ; Investissements / financements
  • 25 sessions
  • 325 side events
  • Plus de 500 annonces
  • 1 déclaration finale

Les engagements pris, axés atténuation plus qu’adaptation 

Ce Sommet a donné lieu à plus de 500 annonces de la part de villes, régions, investisseurs et entreprises, ainsi qu’à une déclaration sur l’action climatique qui appelle les pays à accélérer leurs actions climatiques en :

  • Augmentant leurs engagements à travers une relève des NDCs d’ici à 2020
  • Publiant des stratégies 0 émissions nettes à la moitié du siècle, tout en assurant une transition juste
  • Soutenant les actions climatiques amorcées au niveau local et régional grâce à des cadres financiers, législatifs et des régulations favorables.

Plusieurs engagements ont été pris sur les transports (notamment de villes, entreprises et régions s’engageant à des transports 100% 0 émissions à l’horizon 2030), sur la neutralité carbone (plus de 100 villes, régions, états et entreprises engagés à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050). On peut noter également un financement philanthropique de 4 milliards de dollars affecté à l’atténuation des changements climatiques sur les 5 prochaines années.

On peut relever une annonce sur « eau et énergie » avec l’engagement de Starbucks à créer 10 000 magasins plus écologiques, utilisant moins d’énergie et d’eau, et à investir dans l’énergie éolienne et solaire pour alimenter ses magasins.

  • La liste complète des engagements structurants est accessible ici
  • Retrouvez la déclaration « Call to global climate action » ici

A l’occasion de ce Sommet, la CCNUCC a également dévoilé la version mise à jour de son portail d’action pour le climat (NAZCA).

  • Retrouvez le portail mis à jour ici

Au-delà de cette multiplication d’annonces, le Sommet de l’action a sans doute eu pour volonté de créer une dynamique encourageante pour tous en donnant une visibilité à l’engagement des acteurs non étatiques et à l’existence de nombreuses solutions et en créant un effet de contagion dans l’ensemble des secteurs de l’économie afin de rallier davantage d’entreprises, dans une logique de pratiques de « good business ». Il reste que les décideurs politiques doivent s’emparer de cette attente forte et croissante des citoyens et considérer également les réponses existantes proposées par les acteurs non étatiques pour rehausser leurs ambitions climatiques à l’horizon 2020.

  • Retrouvez l’article d’analyse très complet de l’IDDRI sur le Sommet ici 

Un bilan décevant pour l’eau : des débats au sein d’un Pavillon de l’eau mais pas d’annonces 

Des side-events ont été organisés dans le cadre du Pavillon de l’Eau, piloté par AGWA, avec un programme très fourni et riche sur la thématique de l’eau et l’action climatique.

En bref:

  • un débat sur la connaissance, l’éducation et l’implication du public : il a été rappelé l’importance de produire des données et informations fiables comme outils d’aide à la décision ainsi que l’utilité d’associer l’ensemble des parties prenantes pour établir un diagnostic et une vision partagés.
  •  Des interventions de la Hoover Institution et de la BAFWAC insistant sur la dimension « sécuritaire » de la gestion de l’eau, sans doute seule susceptible d’en faire un sujet prioritaire dans les négociations internationales sur le climat. Les Etats s’intéressent en effet à l’eau comme facteur de sécurité nationale (l’asséchement du lac Tchad et la sécheresse au Moyen-Orient sont considérés comme deux éléments déterminants dans l’émergence de Boko Haram et de la guerre civile syrienne) et comme facteur de sécurité économique (l’eau figure chaque année depuis 7 ans au top 5 des plus grands risques économiques identifiés par le rapport mondial des risques).
  • Un side-event organisé par le WWF-US « Journée Forêts, terres et alimentation : relever le défi du 30×30 », avec le RIOB représentant le secteur de l’eau. Le défi « 30×30 » repose sur l’idée qu’améliorer l’efficacité de nos systèmes alimentaires tout en préservant nos terres, habitats et sols naturels, et que réduire les déchets et la consommation excessive apporterait 30% des solutions climatiques nécessaires d’ici 2030 pour faire face à la crise climatique. Le Fonds pour l’Environnement Mondial – FEM et ses partenaires ont annoncé engager un financement de 500 millions de dollars pour des actions de protection et de restauration des sols.

Néanmoins, au-delà des ces échanges, une déception : la problématique de l’eau et son lien fort avec l’adaptation au changement climatique n’apparaissent pas dans les conclusions du Sommet, malgré le fait que la Californie soit l’un des Etats des Etats d’Unis les plus touchés par la sécheresse.

  • Le site du Pavillon de l’eau du Sommet est accessible ici
  • Un article d’analyse est disponible sur le blog du Environmental Defense Fund ici

 

 

 

 

 

 

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