Les élections municipales de mars 2026 viennent de se tenir. Une nouvelle mandature s’ouvre. Les futur·es élu·es ont désormais la responsabilité de traduire leurs engagements en politiques publiques concrètes. Dans ce contexte, la Coalition Eau – mouvement des ONG françaises engagé pour les droits humains à l’eau et à l’assainissement – appelle à la mise en œuvre immédiate de ses 6 recommandations, afin de rendre effectifs ces droits sur les territoires et à l’international
Une situation toujours préoccupante
En France hexagonale, la précarité hydrique persiste : 350 000 personnes sont sans domicile, 100 000 vivent en habitat informel ou précaire sans accès direct et continu à l’eau, et 4,2 millions de personnes vivent en habitat dégradé ou sont mal logées. Dans les territoires ultramarins, les inégalités sont renforcées : 31 % de la population à Mayotte n’est pas raccordée à l’eau, 25 % de la population en Guadeloupe subit des coupures programmées, et des milliers de logements informels en Guyane restent exclus du service.
Des enjeux sociaux, sanitaires et politiques
L’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène conditionne l’exercice d’autres droits fondamentaux : santé, éducation, égalité de genre, alimentation, environnement. Son absence produit des effets directs sur les conditions de vie et renforce les inégalités.
Garantir ces droits, c’est répondre à des besoins essentiels : boire, se laver, cuisiner, assurer l’hygiène. C’est aussi agir contre les violences, notamment pour les femmes et les filles, exposées dans des espaces sanitaires inadaptés, sans intimité ni sécurité.
Une responsabilité des élu·es
La période électorale est close. Le temps de l’action s’ouvre. Les collectivités disposent de leviers concrets pour agir. Les recommandations portées par la Coalition Eau constituent un cadre opérationnel.
Sur leur territoire, il s’agit de :
- réaliser un diagnostic territorial de l’accès à l’eau potable ;
- garantir un tarif abordable de l’eau et de l’assainissement ;
- assurer un accès effectif à toutes et tous, y compris en situation de précarité ;
- consolider le financement du service public de l’eau.
À l’international, les collectivités doivent :
- renforcer les financements dédiés à l’action internationale ;
- soutenir la participation citoyenne et les partenariats.
Mettre en œuvre ces recommandations, c’est inscrire l’accès à l’eau et à l’assainissement comme une priorité politique. C’est répondre à une exigence de dignité, de solidarité et de justice sociale.