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Aide publique au développement : une baisse inédite depuis 15 ans

Paris, vendredi 6 avril 2012 – Publiés ce 4 avril, les chiffres OCDE 2011 sur l’Aide publique au développement sont alarmants : la France accuse une baisse de son aide publique au développement. Elle consacrait en 2010 0,5% de son PIB à l’aide publique au développement contre seulement 0,46% en 2011, soit une chute de 5,6%. La qualité de l’aide française diminue également. L’essentiel de cette aide profite aux pays émergents sous forme de prêts. Réaffirmé en 2005, l’engagement de consacrer 0,7% du PIB à l’aide publique au développement en 2015 est en péril. Interrogés par Coordination SUD, aucun candidat à l’élection présidentielle n’a su s’engager fermement pour une politique de coopération ambitieuse.

De 0,32% du PIB mondial consacré à l’APD en 2010, on est passé à 0,31% en 2011. Pour la première fois depuis quinze ans, la contribution des pays riches au développement a baissé et la baisse de l’aide française est plus importante que la moyenne des pays de l’OCDE. Le contexte économique et financier ne peut servir d’excuse au non-respect des engagements. Plusieurs pays européens ont maintenu en 2011 leur niveau d’APD malgré les difficultés budgétaires et devraient tenir leur objectif de 2015. Le Royaume-Uni a consacré 0,56% de son RNB à l’APD en 2011, l’Allemagne et la Suède ont augmenté leur niveau d’aide. La France ne tient pas ses promesses.

Pour Aurélie Gal-Regniez, d’Equilibres & Populations et membre de la commission APD de Coordination SUD, « ce recul de l’APD est inacceptable. Il illustre un net repli de nos dirigeants sur des enjeux strictement électoralistes reléguant la lutte contre les inégalités et la pauvreté au rang de priorité accessoire ». La quête d’une illusoire croissance miraculeuse est l’unique horizon des principaux candidats à l’élection présidentielle, alors que les inégalités dans les secteurs de la santé et de l’éducation ne cessent de progresser dans plus d’un tiers des pays du monde. L’aide publique au développement est un très bon investissement pour faire reculer la pauvreté. Si les candidats à l’élection présidentielle française reconnaissent que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement passe par une augmentation de l’APD, ils ne s’engagent que très timidement dans cette voie. François Hollande évoque la mise en œuvre « d’un cheminement crédible » vers les 0,7% et Nicolas Sarkozy « souhaite atteindre l’objectif de 0,7% au plus près possible de 2015 ».

La coopération bilatérale française sous forme de subventions dans les pays dits prioritaires représente aujourd’hui environ 10 millions d’euros par an et par pays (170 millions pour 14 pays prioritaires). « La priorité est donc toute relative » explique Sébastien Fourmy, directeur du plaidoyer à Oxfam France et chef de file de la commission APD de Coordination SUD. L’aide publique au développement française se caractérise par un décalage persistant entre moyens et objectifs affichés dans les discours. L’explosion des prêts exclut les pays les plus pauvres des financements publics français quand la Chine ou l’Indonésie se classent parmi les premiers bénéficiaires de l’aide française.

La crédibilité de la politique française de coopération au développement dépend de la tenue de ses engagements. « A moins de trois semaines du 1er tour de la présidentielle, les candidats à l’investiture présidentielle doivent réaffirmer les engagements internationaux de la France pris en 2000 et se prononcer de manière précise sur l’importance du niveau d’APD pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement » rappelle Jean-Louis Vielajus, président de Coordination SUD.

Téléchargez ici le communiqué de presse : CP_ChiffresAPD_OCDE_VF.pdf

Plus d’information sur www.coordinationsud.org

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