Coalition eau

Engagements des ONG membres de l’Effet Papillon - 6ème Forum Mondial de l’Eau

Engagements des ONG membres de l’Effet Papillon

6ème Forum Mondial de l’Eau, 16 mars 2012

En tant qu’autorités politiques, élues et mandatées, les états, les parlementaires et les collectivités locales sont les premiers responsables du progrès dans tous les aspects du secteur eau et assainissement : l’accès aux services, l’application du droit de l’Homme à l’eau et à l’assainissement, la coordination de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau y compris la résolution pacifique des enjeux transfrontaliers, ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre des cadres de gouvernance.

L’Effet papillon est une coalition de plus de 90 organisations de la société civile, ONG, réseaux et organisations féminines. Nous travaillons ensemble depuis plus d’un an en préparation de ce Forum Mondial de l’Eau. Nous avons réuni nos expériences et nos expertises, construit des messages communs, élaboré nos propres engagements. Nous les présentons aujourd’hui auprès des autorités responsables et de tous les autres acteurs, au 6ème Forum Mondial de l’Eau, en mars 2012.

Nous avons identifié plusieurs enjeux clés de la gestion de l’eau auxquels il faut faire face pour augmenter significativement le nombre de personnes ayant accès à l’eau potable et à un assainissement amélioré.

Nous nous engageons à utiliser les modèles basés sur les réussites et l’innovation, qui intègrent à la fois les connaissances traditionnelles et la démonstration des meilleures pratiques. Nous plaidons pour des solutions locales efficaces qui ont un impact sur les services d’eau et d’assainissement durables. Nos solutions sont basées sur les principes des droits de l’Homme et les expériences des communautés et concernent les politiques, les projets, les campagnes d’information et le renforcement des capacités des acteurs. Nos solutions sont locales, durables, adaptables, innovatrices, équitables et centrés sur les personnes.

Nos engagements découlent de nos messages et peuvent être répartis en trois catégories :

D’abord, concernant les droits humains à l’eau et à l’assainissement : ceci est un enjeu transversal à tout notre travail. Nous croyons que la bonne gouvernance de l’eau et de l’assainissement passe nécessairement par une approche basé sur les droits humains, ce qui nécessite d’investir dans la participation, en connaissance de cause et effective, de la société civile. Nous avons très favorablement accueilli les résolutions des Nations Unies de 2010, reconnaissant le droit de l’Homme à l’eau et à l’assainissement en tant qu’obligations juridiques et nous encourageons désormais tous les acteurs à appuyer les États dans la mise en œuvre de ce droit pour tous.

Ensuite, nous interpellons tous les acteurs à reconnaître les connaissances locales et à appuyer la gestion communautaire de l’eau et de l’assainissement en tant que composantes essentielles dans la mise en œuvre du droit de l’Homme à l’eau et à l’assainissement. Nous nous centrons sur le renforcement des capacités, la sensibilisation des populations, le suivi des services publics et la Gestion Intégrée des Ressources en Eau. Nous continuons à mettre l’accent sur le lien entre eau, assainissement et santé environnementale.

Enfin, nous considérons que l’eau et la sécurité sont fondamentales à la gestion durable de l’eau. Ceci inclut la sécurité de l’accès à l’eau pour tous et doit être réalisé non seulement par la paix et la coopération transfrontalière, mais aussi par l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire, les urgences humanitaires, la gestion des ressources naturelles et le changement climatique.

Nos engagements :

1. En ce qui concerne le droit de l’Homme à l’eau et à l’assainissement, nous nous engageons à :

  • Soutenir le développement de cadres juridiques internationaux et nationaux forts, comprenant des informations suffisantes sur les devoirs des États et les droits et obligations des citoyens en ce qui concerne l’application du droit de l’Homme à l’eau et à l’assainissement.
  • Soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’action nationaux, en cohérence avec le droit international.
  • Mettre en cohérence les engagements relatifs aux droits humains avec tout autre domaine législatif qui concerne la gestion de l’eau, et notamment l’investissement, le commerce, les eaux transfrontalières et l’environnement.
  • Suivre les engagements de nos États à financer les services d’eau et d’assainissement pour les plus démunis en travaillant avec des cadres mondiaux multi-acteurs tels que le partenariat « Eau et Assainissement pour Tous ».
  • Promouvoir et plaider pour le développement de mécanismes financiers qui permettent aux acteurs locaux d’accéder aux ressources financières dont ils ont besoin.

2. En ce qui concerne à l’appui de la gestion communautaire de l’eau et de l’assainissement, nous nous engageons à :

  • Faciliter les stratégies de l’eau et de l’assainissement globales centrées sur les usagers et communautaires, qui intègrent le savoir-faire traditionnel sur la gestion de l’eau.
  • Promouvoir une plus grande participation et un plus grand renforcement des usagers, tant au niveau des ménages que de la communauté, avec un engagement fort pour l’équité et l’inclusion.
  • Promouvoir une compréhension globale des liens entre assainissement, eau, environnement, agriculture et santé – y compris la sécurité alimentaire et la nutrition – afin d’atteindre une couverture universelle et durable de l’assainissement et de garantir des pratiques durables qui réduisent l’infection et la transmission de maladies.
  • Promouvoir les approches programmes multi-secteurs pour l’eau et l’assainissement afin d’assurer un développement durable.
  • Développer les capacités locales et nationales pour des évaluations participatives, la planification et la gestion de l’eau et de l’assainissement, la gestion des ressources naturelles ainsi que pour des mécanismes éprouvés d’adaptation aux changements climatiques.
  • Plaider pour l’intégration du renforcement des capacités dans tout projet et programme proposé et pour que cela soit un des critères de sélection pour toute demande de financement.

3. En ce qui concerne l’eau et la sécurité, nous nous engageons à :

  • Sensibiliser les acteurs sur l’importance des cadres juridiques internationaux.
  • Accroître le rôle de concertation de la société civile dans la mise en œuvre de la convention des Nations Unies sur les cours d’eau.
  • Mettre en œuvre une Gestion Intégrée des Ressources en Eau dans les Bassins versants durable et équitable, sur la base d’accords pour le partage des eaux négociés entre citoyens et au niveau local.
  • Interpeller les organisations pertinentes à tous les niveaux pour appuyer les flux d’eau et de nutriments pour une agriculture durable.
  • Soutenir la coordination humanitaire en impliquant fortement les institutions locales, les partenaires locaux et les plateformes nationales.
  • Et enfin, appuyer les États et les partenaires locaux à agir en cohérence avec la mise en œuvre du Cadre d’ Action de Hyogo, relatif à la gestion des risques liés aux désastres, en soutenant des stratégies nationales et le développement des programmes pertinents